Au temps de la fôret de Bondy :
la forêt régionale de Bondy est un vestige d'une ancienne forêt qui s'étendait sur une part importante du pays d'Aulnoye, et avait une très mauvaise réputation, liée notamment à la présence légendaire de nombreux brigands. Childéric II (petit-fils de Dagobert), roi d'Austrasie, y aurait été assassiné en 675. Les légendes qui l'entouraient ont inspiré Victor Hugo qui y situe la ferme des Thénardiers à Montfermeil dans Les Misérables.Elle était également un lieu de pèlerinage autrefois réputé, la Chapelle Notre-Dame des Anges à Clichy-sous-Bois. On raconte en effet que trois marchands, attaqués par des brigands, furent sauvés par un ange au Moyen Âge. L’église et son pèlerinage du mois de septembre ont attiré de la moitié du XIXe siècle à la Seconde Guerre mondiale un nombre important de pèlerins et fait la réputation du petit village qu'était alors Clichy.
Au début du XIXe siècle, ce massif forestier, qui s'étendait alors sur les communes de Bondy, Livry, Aulnay-sous-Bois, Coubron et Villemomble a été exploité pour son bois et son gypse, exploité dans de grandes carrières afin de le transformer en plâtre, matériau de construction traditionnel de la région parisienne. Cette exploitation est facilitée par une nette amélioration des infrastructures de transport, avec la création du Canal de l'Ourcq en 1813, puis l'ouverture des lignes de chemin de fer de Paris à Soissons et à Strasbourg, qui effleurent ses franges. La mise en service de la Gare du Raincy - Villemomble - Montfermeil (1856) puis celle de la Ligne des Coquetiers, en 1875, qui traverse la Forêt, permettent à la fois de faciliter l'exportation des matières premières de la forêt, mais également son ouverture à l'urbanisation. C'est ainsi que la compagnie foncière de Raincy, qui avait acquis le domaine de la Famille d'Orléans, déclaré propriété nationale en 1848, décide de le lotir et met en vente en 1856/1859 1465 lots, qui deviendront le cœur de la commune du Raincy, créée en 1869.
De l'ancienne forêt, il ne reste aujourd'hui que 400 hectares au total, dont notamment la forêt régionale de Bondy (170 hectares), le Bois des Couronnes, le Bois de Livry-Gargan (dit réserve de Chelles), le bois de Bernouille, le Parc de la Poudrerie de Sevran et le parc de la Fosse-Maussoin. On retrouve également la trace de l'ancienne Forêt de Bondy sous la forme de bouquets isolés de vieux chênes ou charmes dans des propriétés privées jusqu'au nord de Livry-Gargan et au Raincy. (sources diverses)

Au milieu du XIXè siècle l'État décide la construction d'une poudrerie au milieu de la forêt qui lui servira de protection.
La poudrerie en quelques lignes :

★La richesse de son milieu naturel (faune et flore) ;
★Les étangs et fossés ;
★La zone nature ;
★Le canal de l’Ourcq
★ainsi que son patrimoine bâti, dont les quelques bâtiments qui ont pu être sauvés de la démolition représentent les vestiges de l’activité industrielle passée de l’ancienne poudrerie. A l’initiative d’anciens poudriers qui souhaitaient la mise en valeur de ce patrimoine historique, architectural et naturel, l’association « LES AMIS DU PARC FORESTIER DE LA POUDRERIE » fut créée le 20 mai 1980. Elle s’attacha, dés lors, à entretenir la mémoire des lieux et créa en 1982 le Musée Technique des Poudres. L’association contribue depuis à développer les 3 axes suivants : la protection de l’environnement, la préservation du patrimoine, L’éducation à l’environnement. En 1994, à l’initiative de l’association, l’État a décrèté le « classement » du parc au titre des sites naturels. Mais en 1995 le Gouvernement décide de supprimer la ligne budgétaire dévolue au site. Nous assistons alors à une mobilisation locale de grande ampleur. Les élections législatives approchant de nombreux candidats se prononcent pour la sauvegarde du parc. La pétition initiée par l'association recueille plus de 30 000 signatures ! Finalement le 13 janvier 1999 une convention réunissant l'État, la Région Ile de France, le département de Seine Saint Denis et les communes de Livry Gargan, Sevran, Vaujours et Villepinte est signée. De fait, l'État se dessaisit complètement du dossier et en laisse la responsabilité financière aux collectivités locales mais en garde la propriété.
Récemment, la Région s'est déclarée par l’intermédiaire de son Président prête au transfert de propriété et à y investir massivement. Mais une éventuelle pollution du site suite à un siècle d’activités poudrières bloque le dossier. Par ailleurs, ce statut quo profite à certaines collectivités territoriales qui n’hésitent pas à lancer des projets divers sur le site classé, le dernier en date étant le projet de construction d’un bassin de rétention des eaux pluviales par la ville de Villepinte. Ce projet a d’ailleurs été accepté par la Commission des sites qui s’est réunie en mai dernier et soutenu par la DIREN Ile de France !.
Enfin, si la Région réalise quelques investissements comme la rénovation des entrées et des clôtures, elle n’a pas vocation à remettre en état les bâtiments qui se délabrent d’années en années. Notre association a depuis longtemps tiré le signal d’alarme au travers de courriers divers, de son journal et de son site Internet, en vain.


Le pavillon Maurouard, vestige de la poudrerie, une des 3 mares restantes et le canal de l'Ourcq



Le décret du classement :
Comme il a été dit plus haut, le classement du Parc au titre des sites remarquables a été prononcé en 1994. Il devient alors le premier site classé du département de Seine Saint Denis. Voir le décret (Decretclasst.pdf).
Et l’avenir ? :
Aujourd'hui la situation est bloquée à la fois par des dossiers administratifs complexes et des jeux politiques qui n'honorent pas ceux qui les pratiquent. Côté administratif il y a un soupçon de pollution du site dû à 100 ans d'activité industrielle. Le sous préfet du Raincy a récemment relancé le processus de dialogue qui, espérons le, permettra d'aboutir à clarifier la situation et à envisager sérieusement un transfert de propriété à la région Ile de France puisque le ministère de l'Écologie n'en veut plus depuis belle lurette ! Côté jeu politicien, nous avions le Conseil général de Seine Saint Denis qui ne veut plus financer sa quote part estimant un déséquilibre entre les départements franciliens, le Conseil régional dans l’attente du résultat des élections cantonales de 2008. En clair, les élus socialistes espérent reprendre la direction du Conseil général ce qui devrait faciliter, nous dit-on, les relations entre élus ! Mais nous avons aussi l'Agence des Espaces verts qui gére le parc au quotidien et qui est une émanation du Conseil régional. L'Agence a décidé de ne pas compenser le retrait financier du Conseil général et même plus, a décidé de ne pas demander les subventions du Conseil régional pourtant disponibles pour le Parc !!!! Pendant que ce psychodrame se joue dans les salons dorés, certains élus qui juraient il y a encore quelques temps vouloir défendre le Parc n'hésitent pas à s'en servir pour leurs projets "anti-durables". Construire, par exemple, un bassin de retenue des eaux dans le site classé. Quand on veut tuer son chien...vous connaissez la suite.
Pendant ce temps, l'association continue ses activités : Visites guidées, Rencontres de la Poudrerie et tente de porter la bonne parole ici et là. Notre agrément au titre de la protection de l'environnement au niveau local est une bonne nouvelle qui nous conforte dans notre action bénévole.

La manifestation que nous avions organisée et au cours de laquelle fut présentée la pétition de 30 000 signatures. La signature de la convention de gestion le 13 janvier 1999. L'inauguration de la colline de jeux en 2002.


voir «de la Poudrerie impériale à la Poudrerie nationale»
Un site historique protégé et classé ! Le Parc de la Poudrerie est un espace forgé par 100 ans d'histoire industrielle mais néanmoins d'origine naturelle : la forêt de Bondy. En voici les grands traits.
la forêt de Bondy et ses abords en 1750 (document Société Historique du Raincy).